Cheikh Guèye, Entraîneur de l'équipe de football : « Nous démarrons un nouveau projet  »

Alors que son équipe a démarré sa préparation d’avant-saison, le coach Cheikh Guèye a bien voulu s'exprimer sur l'état de la préparation et les objectifs de cette saison.

Coach, comment vous portez-vous après une saison 2020-2021 certes haletante mais très éprouvante ?

Je me porte très bien alhamdoulilah. C'est vrai que la saison a été longue, mais étant un passionné, c'est toujours un plaisir de vivre cette passion quelle que soit sa durée, d'autant plus que durant cette longue période, le Jaraaf a fait rêver au plan africain.



Vous ne vous reposez pas. Vous avez fait un stage en Espagne pendant vos vacances. Quels ont été les apports de ce stage ?

Rires. Oui. Je peux dire que je me suis reposé activement. Après des activités humanitaires déroulées à l'intérieur du pays et un séminaire avec le syndicat des entraîneurs du Sénégal, je me suis rendu effectivement en Espagne dans le but de renouveler ma licence UEFA PRO pour les 3 prochaines années. C'est en quelque sorte un recyclage de 40 heures où des entraîneurs, présidents de clubs et hommes de presse sont intervenus sur différentes thématiques. Par exemple, Luis Enrique sur la méthodologie de travail de la sélection espagnole, Ancelotti et son staff sur sa philosophie de jeu et Pablo Longoria, le président de Marseille, sur sa méthode de management. Le média office de la sélection espagnole de football, Pablo García Cuervo, a fait aussi une présentation sur le thème : L’entraîneur devant la presse. C’était vraiment intéressant et j’en ai beaucoup appris car dans notre métier, il est toujours important de continuer à apprendre. Le foot va très vite.



Comment se déroule actuellement la préparation ?

La préparation se passe bien. Le programme de travail a été adopté en collégialité, avec l'ensemble du staff et la direction du club. Il s’agit d’un planning de travail que nous pensons être idéal pour bien préparer les compétitions avec une méthode beaucoup plus intégrée, où la préparation, l’accumulation et la réalisation se font en même temps .


Des images qui nous sont rapportées, nous constatons que le contenu des séances est assez varié, avec des séances à la plage, des ateliers, des courses et même des matchs amicaux, alors que l'équipe n'en est qu'à une semaine de préparation. Parlez-nous un peu de votre approche dans la préparation physique ?

C'est un peu ce que je viens de dire. Les approches et les pratiques ont évolué. Nous ne sommes plus dans cette dynamique de travailler plusieurs jours sans ballons. Nous préparons des footballeurs et dans notre préparation d'avant-saison, le ballon est présent. Nous l’utilisons même à la plage dans les séances de travail de force. D’ailleurs, dès les premiers jours de préparation l'idée de jeu, les différents systèmes, l'organisation défensive comme l'animation offensive sont introduites. Pour vous dire qu’on ne peut séparer les notions physiques, techniques, tactiques et mentales durant cette période même s’il faut reconnaître également que le volume physique reste plus conséquent.


Nous savons également qu'en général les entraîneurs ne préfèrent pas prendre les équipes en cours de saison, comme c'était le cas avec vous la saison dernière. Cette année, vous ferez la préparation de votre équipe. Quels sont vos sentiments par rapport à cet état de fait ?
Personnellement, je n’ai pas ce problème. Je peux commencer au début ou en cours de saison. L'essentiel, c'est de pouvoir s'adapter comme j'ai eu la chance, avec l’aide de toutes les personnes qui tournent autour du club, de le faire.


L’effectif a évolué avec des départs et des arrivées. Cela induit-il qu'il y aura des changements dans le jeu de l'équipe ?
Vous savez l'année passée, le Jaraaf avait adopté un jeu basé sur des contre-attaques. Nous étions attentistes parfois et préférions développer des transitions défense-attaque. Ce qui n'a pas été une mauvaise option surtout en compétition africaines. Peut-être l'exigence de la compétition et les caractéristiques des joueurs dont je disposais faisaient que j'avais opté cette manière de jouer qui, je le pense, n'est point une culture de grandes équipes comme le Jaraaf. Cette année, avec les arrivées, nous allons essayer de travailler à avoir le ballon avec un jeu de possession et toujours dans la mesure du possible de presser l'adversaire. Je pense que c’est cette approche qui colle mieux avec la culture d’un grand club comme Jaraaf. Il faut aussi penser qu’au finish ce qui importe le plus, ce sont les résultats mais si nous pouvons allier l'utile à l'agréable, nous le ferons. Là, nous démarrons un nouveau projet avec de jeunes joueurs qui étaient de la maison, Wellé, Capi, Daouda Diouf, etc. et la mise en place d’une méthodologie permettant aux joueurs de s’adapter et d’être performants est plus que nécessaire.


Quels seront les objectifs cette saison ?
Vous savez le Jaraaf est un grand club. Cette année avec beaucoup d’humilité, nous avons élevé la barre très haute. Ce n’est pas toutes les années qu'un club sénégalais accède en quarts de finales d'une compétition africaine inter clubs. Je sais qu’il faudra former de très bons joueurs, bien aborder les compétitions et gagner pour pouvoir accompagner le président Cheikh Ahmet Tidiane Seck et son équipe dans leur ambition de développer le club.