REFORME LAMINE DIACK:L’EXCEPTION DU NDIAMBOUR:
 SOUVENIRS D’UN ENFANT DE LOUGA ,SUPPORTER PRÉCOCE DU JARAAF.

L’irréfutable phénomène d’onde de choc engendré par l’annonce de la disparition du père de l’importante réforme de notre football survenue en 1969-1970’continue de faire remonter en surface beaucoup de faits-souvent inconnus du grand public-que l’œuvre du temps avait fini d’ensevelir depuis des lustres!
Revisiter cinq décennies plus tard le contexte et les circonstances de la naissance du NDIAMBOUR de LOUGA, équivaut à mettre en évidence à quel point les populations de cette ville-qui ne remplissait pas à l’époque la condition d’être une capitale régionale, critère d’éligibilité à la réforme-doivent une fière chandelle à l’illustre disparu!

NAISSANCE DE L’ASAC-NDIAMBOUR:LE PRÉCIEUX COUP DE POUCE DE DIACK.

Si tout le monde sait que la naissance de l’Association Sportive Artistique et Culturelle NDIAMBOUR(ASAC-NDIAMBOUR) en 1969 suite à une fusion de plusieurs organisations associatives est liée à la fameuse réforme portant le nom de Lamine DIACK, ce que tout le monde ne sait pas par contre, c’est que d’une part en encourageant ladite fusion-dont l’acte a été signé sous ses yeux et sa bénédiction un après-midi de septembre 1969 à l’ancienne Salle des Fêtes de LOUGA(actuel Complexe Omar BONGO)comme l’a si bien rappelé Abdoulaye BAO de "LOUGA Infos", et en permettant à la nouvelle entité issue de cette fusion d’intégrer l’élite du foot national, le patron de ladite réforme a fait une fleur à la bonne vieille ville de LOUGA qui n’était normalement pas éligible dans le cadre de cette réforme réservée exclusivement aux clubs des villes chef-lieu de région. LOUGA était encore à l’époque un département de la troisième région administrative du SÉNÉGAL: DIOURBEL. Pour rappel, la région de LOUGA(8 -ème région)ne verra le jour qu’en 1976!

LES RAISONS D’UN COUP DE POUCE.

Ce que tout le monde ne sait pas d’autre part aussi, c’est qu’il y avait une raison très personnelle à la bienveillance notoire de Lamine DIACK à l’endroit de la capitale du NDIAMBOUR qui ne s’est pas exprimée uniquement à travers cette fusion et l’intégration de l’ASAC NDIAMBOUR dans l’élite. Le responsable de l’organe LOUGA-Infos rappelle par ailleurs que c’est Lamine DIACK qui ordonna le démontage des gradins en bois du Stade VATEL, et leur reconstruction en dur. La raison personnelle de cet engouement, c’était une forte relation amicale qu’il entretenait avec un personnage emblématique connu de la plupart des habitants de LOUGA sous l’appellation de Mara KOUNTA. Ce dernier était une grande figure religieuse locale dont le natif de DAKAR, enfant de la Sicap Liberté que je suis-arrivé à LOUGA à l’âge pré-adolescent d’éveil a eu la chance de fréquenter la concession. Je suis arrivé à LOUGA plus précisément à 9 ans, un samedi du mois d’avril 1969,le 12 plus exactement. De ces premiers moments très instructifs passés dans cette ville, je n’ai aujourd’hui encore rien oublié. Mara KOUNTA a enseigné le Saint-Coran aux enfants de Lamine DIACK, plus particulièrement à Papa Massata DIACK qui passait chaque année ses grandes vacances à LOUGA. C’est là-bas que nous avons fait connaissance, et où nous nous sommes croisés pendant les années que j’y ai passées. Il y arrivait dès le début des vacances scolaires au moment où je m’apprêtais à faire le chemin inverse pour retrouver ma famille de DAKAR. J’étais à tout point de vue enchanté par l’environnement différent que je découvrais dans cette ville semi-rurale à l’époque et qui était à bien des égards diffèrent de mon univers habituel de la Sicap pour lequel je ne pouvais manquer d’avoir quelque nostalgie surtout lorsque je repensais à mes petits camarades de Liberté 3, et de mon école primaire.
Fort heureusement, pour un garçon de l’âge qui était le mien, il y avait des constantes et des sensations que l’on retrouvait à l’école et sur les terrains de jeu quelque soit l’endroit! Et bien sûr ce ballon magiquement rond partout!

DU STADE DEMBA DIOP DE MON ENFANCE AU STADE VATEL DE LOUGA 

J’avais passé une très bonne partie des neuf premières années de ma vie à DAKAR dans une maison et une rue où nos aînés qui constituaient une bande d’amis solidaires et inséparables comme on n’en trouvait que dans les Sicap avaient énormément d’influence sur les plus petits. On y parlait beaucoup de sport-surtout de football-et de musique. On pouvait y rencontrer presque tous les jours des footballeurs déjà renommés ou qui allaient rapidement le devenir. Ils s’appelaient entre autres Karamokho SISSOKHO(célèbre gardien de but de la Jeanne d’Arc de DAKAR),Abdoulaye GUEYE(de l’U.S GOREE),Grand MBODJ, Mbaye FALL etc…Il arrivait que nos aînés(oncles et cousins)nous amènent voir des rencontres au Stade Demba DIOP ou nous autorisent à y aller accompagnés. Comparés aux enfants du même âge de nos jours, je me rends compte que nous étions vraiment des amateurs de foot précoces. À sept ou huit ans, je supportais déjà-par mimétisme-les Espoirs de DAKAR. Nos héros s’appelaient entre autres Matar NIANG et Louis CAMARA si bien que lorsque le JARAAF vit le jour dans le cadre de la Réforme Lamine DIACK avec la fusion entre les Espoirs de DAKAR et le Foyer FRANCE-SENEGAL, c’est tout naturellement que j’ai jeté mon dévolu sur ce club quand bien même je me trouvais déjà à LOUGA.
Le tout premier match auquel la partie des membres de notre famille qui avaient rejoint la maison de LOUGA eurent à assister au Stade VATEL fut un succulent NDIAMBOUR-JARAAF qui avait pour nous autres des relents particuliers. Le JARAAF l’emporta par un score de 2 buts à 0.En sortant du Stade VATEL ce soir là, nous pouvions entendre les radios transistors diffuser la célèbre chanson "Jaraaf footoll! Entourés de nos nouveaux amis qui étaient à fond pour l’ASAC-NDIAMBOUR, nous choisîmes d’avoir le triomphe modeste!

Pour revenir à Lamine DIACK dont le triste rappel à DIEU a été le prétexte de cette longue rétrospective-une façon de lui rendre hommage à ma manière-je dois ajouter que c’est beaucoup plus tard que je vais découvrir les autres liens très étroits entre sa famille et d’autres démembrements de la famille KOUNTA qui est aussi la famille de ma belle mère. Une très solide amitié le liait au très courtois jeune frère du défunt journaliste Ahmed Bachir KOUNTA, le regretté Lamine KOUNTA dont l’une des filles Diabba, porte le prénom de l’épouse de Lamine DIACK. Retenu bien malgré lui en FRANCE lors du rappel à DIEU de Lamine KOUNTA ,il avait demandé à tous ses enfants de faire le déplacement à NDIASSANE.
Que Le Seigneur Miséricordieux les accueille tous dans Son Infinie Clémence!

Cheikh Mbacké KEBE


Sur la photo: Lamine DIACK arrivant en Septembre 1969 à la Salle des Fêtes de LOUGA qui abrita la cérémonie de fusion qui donna naissance à l’ASAC-NDIAMBOUR(Sources:
LOUGA-Infos).